Des procès intentés contre des industries des énergies fossiles

Plusieurs municipalités sujettes à des inondations en Californie ont intenté des procès contre des compagnies du secteur des énergies fossile début juillet. Elles souhaitent se faire rembourser le coût de l’adaptation à la montée du niveau des mers.

Les plaintes portent sur les efforts de la part de cette industrie pour dénigrer pendant des décennies la science du climat. Ces accusations sont du même type que celles qui avaient été portées avec succès contre l’industrie du tabac dans le passé, en arguant des tactiques antiscience utilisées pour dissimuler les risques des cigarettes.

En même temps, 21 jeunes citoyens américains de l’Oregon accusent le gouvernement américain de violation de leurs droits, parce qu’il ne prend pas les mesures à long terme nécessaires pour lutter contre le changement climatique. Un cas semblable n’a pas abouti dans une autre cour fédérale.

Mais les plaintes contre l’industrie des énergies fossiles ont été déposées auprès des cours de justice supérieurs de l’État, par Imperial Beach, une municipalité du littoral dans le sud de la Californie, ainsi que par les comtés de Marin et San Mateo dans le nord de la Californie. Elles constituent une nouvelle étape, car les cours de justice des États sont moins contraintes que la cour de justice fédérale.

Le comté de San Mateo a déjà engagé des dépenses importantes de prévention et d’adaptation aux impacts de la montée du niveau des mers, et les élus locaux veulent que les industriels participent financièrement à ces efforts.

Les plaintes concernent Chevron, Phillips 66, Arch Coal et une douzaine d’autres industriels, qui sont accusés d’être responsables d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre depuis le milieu des années 1960. ExxonMobil et Royal Dutch Shell sont visées par une plainte fédérale de la Fondation de la loi sur la prévention, parce que l’augmentation du niveau des mers aurait aggravé la pollution de l’eau causée par des installations de ces industriels en Nouvelle-Angleterre.

Le niveau des mers a déjà augmenté de 12 cm au siècle dernier. À cause du réchauffement climatique et la déforestation, le niveau des mers monte 50 % plus vite qu’aujourd’hui, qu’il y a 20 ans, ce qui produit des inondations fréquentes sur les côtes américaines et ailleurs dans le monde.

Bien que sur la côte ouest des États Unis, les cycles naturels aient limité la montée des eaux durant les dernières décennies, les habitants et les infrastructures ont déjà été touchés. Dans le compté de Marin, 1 300 lotissements et 700 bâtiments sont risquent d’être vulnérables aux inondations dans les décennies à venir.

Voir la carte interactive sur les zones côtières inondables en Amérique ici.

http://www.climatecentral.org