L’impasse : augmentation des émissions de CO2 des véhicules neufs

Selon les statistiques publiées par le ministère de la Transition écologique et solidaire, en décembre 2017, la hausse des émissions moyennes de CO₂ des voitures immatriculées en France se poursuit (+ 1,5 g/km à 113,0 g/km). Ce niveau de 113 g est le plus élevé depuis janvier 2015.

Cette tendance à la hausse des émissions des voitures se constate aussi au Royaume-Uni et en Allemagne et dans plusieurs autres pays.

La principale cause invoquée est la baisse des ventes de voitures diesel. En France, cette baisse en décembre 2017 est de 1,4 point, compensée en partie par l’augmentation des ventes de voiture à essence de 1 point. La part des véhicules hybrides est très légèrement en baisse, avec moins 0,1 point (ce qui explique peut-être l’offensive publicitaire actuelle de Toyota pour remplacer le diesel par l’hybride) et le véhicule électrique légèrement en hausse avec plus 0,5 point.

Les parts dans les immatriculations pour le diesel, l’essence, l’hybride et l’électrique sont respectivement 45,2 %, 48,9 %, 4,4 % et 1,4 %.

L’impasse de la thermomobilité

Une conclusion s’impose clairement. Pour aller vers un secteur du transport zéro émission, le moteur thermique ne fait plus partie de la solution. En ce qui concerne les émissions de dioxyde de carbone, un carburant carboné de moteur à combustion en émettra toujours, qu’il s’agisse de diesel, d’essence, de gaz naturel, de gaz de synthèse. En ce qui concerne la pollution locale, il restera toujours des émissions d’oxydes et de microparticules, y compris pour le diesel propre et le gaz.

Si on reconnaît la nécessité et l’urgence d’une transition vers une production d’électricité propre et décarbonée (actuellement l’éolien, le solaire, la géothermie), le bilan carbone « du puits à la roue » du véhicule tout électrique tend rapidement vers zéro. Il ne produit pas non plus d’émission locale. L’électromobilité est la principale solution compatible avec la modération du changement climatique et c’est probablement la meilleure pour les voitures.

Quant à l’hydrogène, la technologie et les coûts sont pour l’instant moins abordables. D’autre part, le rendement entre l’énergie électrique de source décarbonée produite et l’énergie disponible pour mouvoir la voiture est inférieur dans le cas de l’hydrogène par rapport au cas des batteries, à cause du rendement de la pile à combustible.

La pollution résultant de la fabrication des batteries doit et peut être traitée à la source et l’industrie des mines se transforme vers des modes d’extraction plus durables. De nouvelles technologies de batteries sont en développement, bientôt prêtes à prendre le relais.

Les arguments rabâchés contre le véhicule électrique sont biaisés, car ils reposent sur ce qui se faisait hier, alors qu’il s’agit de préparer aujourd’hui ce qui se fera demain. Ils ont pour but de faire durer l’ère des énergies de sources carbonées le plus longtemps possible. La transition se fera alors brutalement, avec des dégâts sociaux, économiques, financiers, au lieu la faire débuter sérieusement dès maintenant.