10 questions

Énergie et climat

La science nous montre que même avec la réalisation de tous les engagements pris par les pays ayant participé à la COP21, les quantités CO2 qui seront encore émises dans les prochaines décennies mènent à une élévation très probable de la température moyenne de surface depuis le début de l’ère industrielle d’au moins 3,5 °C. C’est une situation totalement inconnue depuis le début de l’humanité.

1. Comment informerez-vous la population de la réalité de la situation climatique ?

2. Ferez-vous de la diminution de la combustion de sources d’énergie carbonée un des critères de choix des décisions politiques ?

Les solutions prévues dans les engagements de la COP21 (annonces d’engagements de réduction des émissions, mécanismes de marché comme avec le négoce du CO2 et les systèmes de compensation, développement de la biomasse-énergie et progrès dans l’efficacité énergétique) ne sont pas nouvelles et ont été mises en œuvre, à des degrés divers, depuis plus de 20 ans. Or, le taux de CO2 dans l’atmosphère, qui est le seul juge, n’a cessé de croître, et de plus en plus vite.

3. Allez-vous vous interroger sur les limites, dans le cas du bien commun que constitue le climat, des solutions de marché et promouvoir la recherche de nouvelles approches pour modérer le changement climatique ?

4. Prévoirez-vous de lancer des initiatives françaises pour entraîner d’autres pays, ou des groupes de pays dans de nouvelles politiques de modération du changement climatique, plus simples, claires et efficaces ?

Adaptation au changement climatique

Nous vivons dans une économie globale avec une population mondiale croissante. Les progrès remarquables obtenus dans la lutte contre la grande pauvreté et ses conséquences ces dernières décennies sont remis en cause par l’amplification des inégalités, qui vont encore s’aggraver à l’intérieur des pays et entre pays du Nord et du pays du Sud, à cause des impacts du changement climatique.

5. Quelles seront vos actions pour préparer l’adaptation des activités, des territoires et de la population en France à des phénomènes comme la montée des eaux, les phénomènes météorologiques extrêmes, le déplacement du sud vers le nord des zones de cultures, la présence de nouveaux virus et parasites.

6. Quelles seront vos propositions d’actions de coopération internationale pour l’adaptation aux menaces, clairement exposées par la science, dues au changement climatique, comme les pandémies, les migrations, très probablement de centaines de millions de personnes déplacées, à cause des sécheresses, de la montée des eaux, des inondations, des famines, des conflits, qui transcendent toutes les frontières et qui nous concerneront directement ?

Énergie et industrie

L’accès à l’électricité de milliards de personnes est un enjeu crucial du développement durable mondial. Il se fait déjà et se fera en grande partie par des solutions décentralisées, essentiellement éolien et solaire pour la prochaine décennie, puis énergies marines, voire petit nucléaire modulaire et sécurisé. Quant aux installations, qui seront encore très nombreuses dans les pays occidentaux et en Asie (Chine, Inde), brûlant des énergies de sources carbonées (charbon, mais aussi gaz et biomasse), leurs émissions de CO2 devront être captées et séquestrées. La France, résolument tournée vers le très grand nucléaire centralisé, n’a quasiment pas d’offre industrielle correspondant à ce nouveau modèle énergétique mondial.

7. Quelles actions à court terme et quels moyens proposerez-vous pour que la France puisse gagner des parts de ce gigantesque marché, pour créer des emplois et augmenter les exportations, en particulier sur les technologies citées ?

8. Sur le territoire français, quelles seront vos actions en ce qui concerne la mise en œuvre de la loi sur la transition énergétique et de la programmation pluriannuelle de l’énergie et que proposerez-vous pour la période au-delà de 2023 ?

Alors qu’en France l’électricité est largement décarbonée et que les grandes installations industrielles peuvent mettre en œuvre le captage de CO2 restent les émissions de CO2 diffuses des véhicules de transport de personnes et de marchandises (voitures, bus, camions). Le secteur du transport routier est encore essentiellement basé sur la combustion de carburants de sources carbonées, qui sont aussi une source de pollutions locales, de bruit et de problèmes de santé dans les villes comme au voisinage des routes.

9. Quels seront votre politique et vos actions pour accélérer la transition vers les modes de mobilité propres (voitures, deux-roues, camions et transports en commun électriques), l’intermodalité et les utilisations optimisées de chaque mode de transport ?

10. Quelles mesures prendrez-vous et comment seront-elles financées pour traiter la dévalorisation inéluctable des actifs des entreprises liées à la mobilité thermique (industrie du pétrole, constructeurs automobiles, entreprises de réparation et d’entretien) et les conséquences sociales et économiques d’un abandon rapide de la thermomobilité ?