Des ours et du climat

 

Pizzly

En France, le ministère de la Transition écologique et solidaire a pour domaines l’accessibilité, l’air, l’aviation civile, les bâtiments, la biodiversité et les paysages, et le climat. Ce mélange des genres sans hiérarchisation s’avère désastreux pour la modération du réchauffement climatique. Le succès de l’activité du ministère d’État dépend aussi bien de l’introduction de deux ours femelles dans les Pyrénées atlantiques que du développement d’une industrie française pour sauvegarder climat.

L’exemple de l’ours brun, espèce qui est classée dans la catégorie « Préoccupation mineure1 » par l’UICN, c’est-à-dire qu’il s’agit une espèce qui n’est même pas encore menacée, est instructif. Avec les premiers effets du réchauffement climatique, son habitat s’est étendu vers le Nord. Le grizzly, qui une sous-espèce nord-américaine de l’ours brun, s’est trouvé dans les mêmes zones que l’ours blanc. Malgré des modes de vie très différents, ces deux espèces ont donné naissance à des hybrides de grizzly et d’ours blanc, le pizzly (mâle polaire et femelle grizzly) et le grolar (mal grizzly et polar). Ceux-ci ont eu une descendance, ce qui pousse à conclure qu’il s’agirait d’une nouvelle espèce d’ours. C’est donc l’ours polaire qui est en danger d’être remplacé par le pizzly et le grolar.

L’hybridation des plantes ou des animaux est un phénomène peu médiatisé mais assez fréquent. C’est un moyen dont dispose la nature pour permettre aux espèces d’un même genre de s’adapter rapidement à des changements de leurs habitats et de leurs environnements.

 

L’espèce humaine et la dernière représentante du genre Homo et n’a donc plus d’espèce avec qui s’hybrider, comme c’était encore le cas avec Homo neanderthalensis et Homo denisova avant leur disparition2. C’est une des raisons pour laquelle, dans les décennies à venir, les conditions de vie des êtres humains vont devenir de plus en plus difficiles et précaires à cause du réchauffement climatique. Cela se produira bien avant la peu probable sixième extinction dont s’occupe le ministère de la Transition écologique qui, même si toutes les espèces menacées devaient disparaître au rythme actuel malgré les politiques de conservation, ne risque pas de se produire avant quelques milliers d’années au plus tôt. 

Les politiques climatiques actuelles mènent inexorablement vers une élévation de température de plus de 3 °C en 2100. Il y aura des victimes climatiques, des conflits, des guerres, des migrations sans commune mesure avec ce qui fait trembler l’Europe en 2018. Mais l’espèce humaine survivra et les « premiers de cordées » feront sans doute partie des survivants. C’est donc aux autres d’accepter et d’imposer aux dirigeants les bons choix.

L’arrêt des émissions de dioxyde de carbone dues à la combustion des sources d’énergie carbonées, qui est la principale cause du réchauffement climatique, doit intervenir en moins de 10 ans. Et c’est possible car cela ne dépend que de la volonté de mettre en œuvre des solutions disponibles. Cela mérite bien un ministère d’État dédié.

1 La classe « Préoccupation mineure » dans la liste rouge des espèces menacées établie par l’UICN, c’est un peu comme si on disait d’une personne en bonne santé qu’elle est une future personne décédée.

2 Toutefois, les néandertaliens et les humains modernes se sont côtoyés en Europe et en Asie pendant quelques milliers d’années il y a 50 000 ans. On trouve chez chaque individu moderne en dehors de l’Afrique environ 2 % du génome de Néandertal. Si on rassemble toutes les fractions dans l’ensemble de la population actuelle, c’est au moins 20 % du génome de Néandertal qui a été transmis. Cela explique en partie la faculté d’adaptation de certaines populations humaines modernes à des environnements extrêmes.