La part des ENR augmente, mais les émissions de dioxyde de carbone s’accélèrent

Selon des chercheurs de l’Université d’East Anglia et du Global Carbon Project, les émissions mondiales de carbone devraient atteindre un niveau record en 2018. L’augmentation prévue de plus de 2 % est attribuable à une forte croissance de la consommation de charbon pour la deuxième année consécutive et à une croissance soutenue de la consommation de pétrole et de gaz. La demande mondiale d’énergie dépasse la forte croissance des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de sources d’énergie fossiles — qui représentent environ 90 % de toutes les émissions provenant des activités humaines — atteindront un niveau record d’un peu plus de 37 milliards de tonnes en 2018, soit 2,7 % de plus que les émissions produites en 2017. Ce chiffre se compare à 1,6 % de croissance un an plus tôt. Les émissions provenant de sources non fossiles, comme le déboisement, devraient ajouter près de 4,5 milliards de tonnes d’émissions de carbone au total de 2018.

L’étude montre que les énergies renouvelables dans le monde entier s’ajoutent aux sources d’énergie fossiles — en particulier le gaz naturel — plutôt que de les remplacer. Or, il ne suffit pas que les énergies renouvelables se développent, elles doivent remplacer tous les combustibles fossiles. Jusqu’à présent, c’est le cas pour le charbon, mais pas pour le pétrole ou le gaz naturel.

Au fil du temps, les chercheurs préviennent que l’augmentation de la consommation de charbon dans les régions où une grande partie de la population n’a pas accès à une électricité fiable pourrait éventuellement dépasser les fortes réductions de la consommation de charbon ailleurs. Les émissions de l’Inde, par exemple, devraient augmenter de 6 % cette année alors que le pays s’efforce de construire de nouvelles centrales électriques pour répondre aux besoins des industries et des consommateurs.

La croissance économique mondiale a accru la demande de fer, d’acier, d’aluminium et de ciment fabriqués en Chine. Entre-temps, un récent ralentissement de l’économie chinoise a incité le pays à réorienter son approche en matière de développement énergétique : la Chine est en train de relancer des projets de charbon qui étaient en suspens. En conséquence, les émissions du pays devraient augmenter de 5 % en 2018, alors qu’elles avaient augmenté de 2,5 milliards d’euros en 2008.

Les estimations de cette année marquent, d’une certaine manière, un retour à un vieux schéma, dans lequel les économies et les émissions augmentent plus ou moins au même rythme. Pourtant, l’histoire récente suggère que les deux peuvent être dissociés : ainsi, au cours de la dernière décennie, au moins 19 pays, dont le Danemark, la Suisse et les États-Unis, ont réduit leurs émissions de dioxyde de carbone provenant de sources fossiles alors que leur économie était en croissance.

Global Energy Growth Is Outpacing Decarbonization R B Jackson, C Le Quéré, R M Andrew, J G Canadell, J I Korsbakken, Z Liu, G P Peters and B Zheng. . Environmental Research Letters, 2018.