Névasse sur l’Antarctique

Photo Nasa

Durant l’été 2016, des zones couvertes d’eau liquide mélangée à de la neige sont apparues à la surface de la plus grande plaque de glace flottante au monde, celle de la mer de Ross, près du mont Erebus en Antarctique.

Certaines zones sont restées dans cet état pendant quinze jours et la superficie totale des zones couvertes du mélange a atteint plus de 77 millions d’hectares, plus de 10 fois la France. Le phénomène était dû à l’apport d’air humide provenant de l’océan. Il aurait même plu sur la plaque de Ross et ailleurs sur le continent.

Pour cette fois, la couche de glace s’est vite reformée et il n’y a pas eu de conséquence. Cependant, le phénomène est inquiétant, parce qu’il avait été pris en compte dans une étude publiée il y a un an, basée sur des modèles d’évolution du climat et de l’Antarctique. Selon cette étude, la fonte des plaques de glace par en dessous (à cause du réchauffement de l’eau de mer) et par en dessus, entraînerait une montée du niveau des océans de plus de trois mètres durant notre siècle.

Ce n’est pas l’iceberg qui se détache de la plaque qui flottait déjà dans l’eau qui causera la montée des eaux. Mais les plaques flottantes retiennent d’énormes glaciers continentaux. Si elles se fracturent, ce sont les nouveaux volumes de glace provenant des glaciers qui se déverseront dans la mer qui provoqueront la montée du niveau.

Notre maison est inondée

De tels phénomènes se sont déjà produits à petite échelle dans l’Arctique. En Antarctique, un iceberg s’était déjà détaché de la plaque de Larsen B en 2002 et cet été, au niveau d’une immense fracture de la plaque Larsen C, un iceberg de la taille de la Corrèze a basculé dans la mer.

Le phénomène observé cette année nous donne donc un aperçu d’un futur possible, pas seulement dans les modèles, mais en vrai. Notre maison brûle et nous regardons ailleurs disait le Président Chirac en 2002. Quinze ans plus tard, rien n’a été sérieusement entrepris et on peut dire en plus que notre maison va être inondée. Malheureusement, les inondations n’éteindront pas les incendies.